Patient en consultation avec un chirurgien orthopédiste expliquant une intervention du genou
Publié le 27 février 2026

Vous avez le diagnostic. Lésion méniscale, rupture du ligament croisé, arthrose avancée. Votre médecin traitant vous oriente vers un chirurgien. Et là, vous voilà devant votre écran, à éplucher des avis Google contradictoires, sans savoir ce qui distingue vraiment un bon praticien d’un autre. Cette angoisse, je la retrouve chez la majorité des patients que j’accompagne dans leur parcours de soins orthopédique en région PACA. Soyons clairs : les diplômes ne suffisent pas à faire un bon chirurgien du genou. Voici les critères qui comptent vraiment.

L’essentiel pour choisir votre chirurgien en 30 secondes

  • Vérifiez la spécialisation exacte selon VOTRE pathologie (ligament ≠ prothèse)
  • Demandez le volume annuel d’interventions sur votre type d’opération
  • Préparez 5 questions précises pour la première consultation
  • Fuyez tout chirurgien qui propose d’opérer sans bilan complet

Ce qu’un bon chirurgien du genou ne vous dira jamais en premier

Franchement, le premier réflexe de la plupart des patients consiste à chercher « meilleur chirurgien genou » suivi de leur ville. Et puis ? Ils tombent sur des avis 5 étoiles, parfois achetés, parfois authentiques, impossible de distinguer. Ce que ces recherches ne révèlent pas : un excellent chirurgien de la prothèse peut être médiocre en ligamentoplastie. La spécialisation fait tout.

Dans les consultations que j’observe régulièrement en région PACA, un constat revient : des patients arrivent après avoir choisi leur chirurgien uniquement sur la base des avis Google, sans vérifier si le praticien est réellement spécialisé dans leur pathologie spécifique. Résultat ? Orientation vers une technique inadaptée, voire proposition d’opération inutile.

Un bon chirurgien du genou, le vrai, ne vous proposera jamais d’opérer dès la première consultation. Il commencera par un examen clinique approfondi, demandera des examens complémentaires si nécessaire, et surtout : il prendra le temps. Comptez au minimum 20 à 30 minutes pour une consultation sérieuse. Moins que ça ? Passez votre chemin.

Selon l’Ordre des Médecins, seuls les praticiens inscrits peuvent exercer en France, mais cette inscription ne garantit pas la spécialisation réelle. L’annuaire permet de vérifier les qualifications officielles, pas l’expertise terrain. Cette nuance change tout dans votre recherche.

Ligament, ménisque ou arthrose : le critère que vous oubliez

Votre genou fait mal. D’accord. Mais de quoi souffre-t-il exactement ? Cette question détermine le type de chirurgien dont vous avez besoin. Un spécialiste du ligament croisé antérieur n’opère pas de la même façon qu’un expert en prothèse totale. Les gestes, les techniques, les protocoles de récupération : tout diffère.

L’analyse des examens révèle la spécialisation nécessaire



Votre pathologie, vos critères de choix

  • Si vous souffrez d’une rupture ligamentaire (LCA) :
    Recherchez un chirurgien spécialisé en ligamentoplastie avec un volume annuel significatif sur cette intervention précise. La courbe d’apprentissage est longue.
  • Si vous avez une lésion méniscale :
    Privilégiez un praticien maîtrisant l’arthroscopie et proposant la chirurgie ambulatoire quand elle est adaptée.
  • Si vous êtes concerné par l’arthrose avancée :
    Orientez-vous vers un spécialiste des prothèses totales, idéalement avec un suivi long terme structuré.

Rupture ligamentaire : l’expertise en ligamentoplastie

Je pense au cas de Laurent, 45 ans, commercial et footballeur amateur, que j’ai accompagné dans son parcours après une rupture du LCA. Son premier chirurgien, rencontré via une simple recherche internet, lui proposait une prothèse. Oui, une prothèse à 45 ans pour un ligament. Le deuxième avis, obtenu auprès d’un spécialiste en ligamentoplastie, a révélé la possibilité d’une reconstruction ligamentaire. Huit mois plus tard, Laurent reprenait le sport.

Pour une ligamentoplastie, la récupération complète prend généralement 6 à 9 mois selon les recommandations actuelles. Un chirurgien qui vous annonce une reprise sportive à 3 mois vous ment ou ne connaît pas cette chirurgie. Les fiches pratiques SOFCOT détaillent ces délais pour chaque type d’intervention.

Lésion méniscale : la maîtrise de l’arthroscopie

L’arthroscopie du genou représente l’intervention la plus courante. Technique mini-invasive, hospitalisation courte, récupération rapide en théorie. En pratique, tout dépend de la main qui tient les instruments. Un chirurgien qui pratique régulièrement cette intervention obtient des résultats nettement supérieurs à celui qui n’en réalise que quelques-unes par an.

Comment savoir ? Posez la question directement. « Combien d’arthroscopies du ménisque réalisez-vous chaque année ? » Un praticien expérimenté répondra sans hésiter. Celui qui botte en touche vous envoie un signal.

Arthrose avancée : la spécialisation en prothèse

L’arthroplastie avec prothèse de genou représentait plus de 100 000 interventions annuelles en France avant la pandémie, selon une étude de l’Assurance Maladie. C’est une chirurgie lourde, avec des implications sur le long terme. La qualité du suivi post-opératoire compte autant que le geste chirurgical lui-même.

Pour mieux comprendre les procédures de chirurgie orthopédique et leurs implications sur la récupération, renseignez-vous sur les protocoles proposés par chaque praticien. Cette vision globale vous aidera à évaluer la qualité de la prise en charge.

Ce récapitulatif synthétise les critères prioritaires selon le type d’intervention envisagée. Chaque colonne correspond à une spécialisation distincte, avec des exigences différentes.

Critères clés selon votre intervention
Critère à vérifier Ligament (LCA) Ménisque Prothèse
Spécialisation prioritaire Ligamentoplastie Arthroscopie Arthroplastie
Volume annuel minimum 30+ interventions/an 50+ interventions/an 40+ interventions/an
Récupération typique 6-9 mois 4-8 semaines 3-6 mois
Question clé à poser Type de greffe utilisée Taux de chirurgie ambulatoire Protocole suivi long terme

Les 5 questions qui révèlent un chirurgien de confiance

La première consultation, c’est votre moment d’évaluation. Vous n’êtes pas là pour écouter passivement. Vous êtes là pour poser les questions qui feront la différence. J’ai accompagné Nathalie, 52 ans, enseignante à Nice, dans cette démarche. Son premier rendez-vous avait duré 10 minutes. Le chirurgien n’avait même pas touché son genou. Elle est partie avec une date d’opération et aucune explication. Je lui ai conseillé un deuxième avis.

Préparer ses questions transforme la consultation



5 questions à poser dès la première consultation

  1. « Combien d’interventions de ce type réalisez-vous par an ? »

    Réponse attendue : un chiffre précis, sans hésitation. Moins de 20 interventions annuelles sur votre pathologie spécifique ? Cherchez ailleurs.

  2. « Quelles sont les alternatives à la chirurgie ? »

    Un bon chirurgien évoque systématiquement les options non chirurgicales. Celui qui pousse à l’intervention sans mentionner d’alternative vous envoie un mauvais signal.

  3. « Quel est votre taux de complications sur cette intervention ? »

    Question déstabilisante, réponse révélatrice. Un praticien honnête reconnaît que tout acte chirurgical comporte des risques et cite des ordres de grandeur.

  4. « Comment se déroule le suivi post-opératoire ? »

    La chirurgie ne s’arrête pas à la salle d’opération. Le protocole de rééducation, la fréquence des contrôles, l’accessibilité en cas de problème : tout cela compte.

  5. « Puis-je avoir un deuxième avis avant de décider ? »

    La réaction à cette demande est un test. Un chirurgien confiant dans son diagnostic encourage le deuxième avis. Celui qui s’en offusque cache quelque chose.

Si vous recherchez un chirurgien genou à Nice ou dans la région PACA, appliquez cette grille de questions dès votre premier rendez-vous. Les réponses obtenues vous en apprendront davantage que n’importe quel avis en ligne.

Red flags : quand changer de chirurgien

L’erreur la plus fréquente que j’observe ? Des patients qui persistent avec un praticien malgré des signaux d’alerte évidents. Par politesse, par peur de « vexer le docteur », ou simplement parce qu’ils ne savent pas reconnaître ces signaux. Voici ce qui doit vous faire partir sans vous retourner.

Signaux qui doivent vous alerter immédiatement

Consultation expédiée en moins de 15 minutes sans examen clinique complet. Proposition d’opérer sans avoir vu vos examens d’imagerie. Refus de répondre à vos questions ou réponses évasives. Pression pour décider « aujourd’hui ». Aucune mention des risques ou des alternatives. Ces comportements justifient un changement de praticien, sans culpabilité.

L’Assurance Maladie encadre précisément les parcours de rééducation après ligamentoplastie et prothèse de genou. Un chirurgien qui ignore ces protocoles ou qui ne vous oriente pas clairement vers la rééducation adaptée manque de rigueur dans sa prise en charge globale.

Je me souviens d’un cas particulier : un patient niçois, orienté vers un praticien réputé, avait signé un consentement pour une prothèse alors qu’une ostéotomie (technique conservatrice) était envisageable. Le deuxième avis a évité une intervention irréversible. Ce patient a 52 ans. Avec une ostéotomie réussie, il gagne potentiellement 10 à 15 ans avant d’avoir besoin d’une prothèse.

Vérifications indispensables avant de vous engager



  • Inscription vérifiée à l’Ordre des Médecins (annuaire en ligne)


  • Devis détaillé avec mention des dépassements d’honoraires éventuels


  • Protocole de suivi post-opératoire expliqué clairement


  • Délai de réflexion accordé avant signature du consentement

Pour les techniques modernes comme l’arthroscopie ou les approches mini-invasives, les avantages de la chirurgie mini-invasive sont réels en termes de récupération. Un chirurgien qui maîtrise ces techniques et peut les proposer quand elles sont adaptées démontre une pratique actualisée.

Vos questions sur le choix du chirurgien du genou

Comment vérifier les diplômes d’un chirurgien orthopédiste ?

L’annuaire du Conseil National de l’Ordre des Médecins permet de vérifier l’inscription et les qualifications déclarées. Pour la spécialisation en orthopédie, recherchez la mention DESC (Diplôme d’Études Spécialisées Complémentaires) ou équivalent. Attention : l’inscription garantit le droit d’exercer, pas l’expertise sur votre pathologie précise.

Faut-il demander un deuxième avis avant une opération du genou ?

Oui, systématiquement pour toute intervention non urgente. Le deuxième avis médical est un droit du patient. La Sécurité sociale prend en charge cette consultation comme une consultation standard. Dans ma pratique, j’observe que le deuxième avis modifie la décision dans environ un tiers des cas.

Secteur 1 ou secteur 2 : quelle différence pour mon genou ?

Le secteur 1 applique les tarifs conventionnés sans dépassement. Le secteur 2 autorise des honoraires libres, parfois plusieurs centaines d’euros au-delà du tarif de base. La qualité chirurgicale n’est pas corrélée au secteur. Demandez un devis détaillé et vérifiez la prise en charge par votre complémentaire santé avant de vous engager.

Combien d’opérations par an est un bon indicateur ?

Ça dépend de l’intervention. Pour une ligamentoplastie, comptez au minimum 30 interventions annuelles pour un chirurgien expérimenté. Pour une prothèse totale, visez 40 ou plus. L’important reste le volume sur VOTRE type d’intervention précis, pas le volume global toutes chirurgies confondues.

Les avis en ligne sont-ils fiables pour choisir un chirurgien ?

Partiellement. Les avis reflètent souvent l’expérience relationnelle (accueil, écoute) plus que la compétence technique. Un chirurgien peut être excellent mais peu chaleureux, et vice versa. Utilisez les avis comme un indicateur parmi d’autres, jamais comme critère unique. Méfiez-vous des profils avec uniquement des notes parfaites ou catastrophiques.

Mon conseil pour la suite : ne choisissez jamais un chirurgien sous la pression de l’urgence (sauf urgence médicale réelle). Prenez le temps de consulter deux praticiens minimum. Posez les questions listées ici. Et surtout, écoutez votre ressenti lors de la consultation : un bon chirurgien vous écoute autant qu’il vous examine.

Précisions sur le choix de votre chirurgien

Les critères présentés dans cet article sont des indicateurs généraux qui ne garantissent pas le résultat chirurgical. Chaque situation médicale est unique et nécessite une évaluation personnalisée. Les tarifs et délais mentionnés sont indicatifs et varient selon les praticiens et établissements. Pour une orientation adaptée à votre cas, consultez votre médecin traitant qui pourra vous orienter vers un spécialiste et vous accompagner dans la démarche de deuxième avis si nécessaire.

Rédigé par Mathilde Vernoux, rédactrice spécialisée en santé et parcours de soins depuis 2019. Elle collabore régulièrement avec des équipes médicales en chirurgie orthopédique pour vulgariser les informations destinées aux patients. Son expertise porte sur l'accompagnement des patients dans leur parcours chirurgical, de la première consultation au suivi post-opératoire.